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SCAU, Société de Conception d'Architecture et d'Urbanisme.

SCAU

enseignement

DES ECOSYSTEMES EDUCATIFS, INNOVANTS, DURABLES

 

DEMAIN QUELLE ARCHITECTURE  POUR LES LIEUX DE L’APPRENTISSAGE A L’ERE DE LA MONDIALISATION, DE LA MENACE SUR NOTRE ENVIRONNEMENT ET DE LA REVOLUTION NUMERIQUE ?

Consciente des enjeux qui gravitent autour des évolutions de l’apprentissage liées à la révolution numérique et à la mondialisation, l’agence d’architecture SCAU a lancé un programme de recherche prospective autour de la question fondamentale : comment concevoir aujourd’hui les futurs lieux de l’apprentissage ?

 

Ce travail croise un autre axe de recherche prospective sur une question de fond : comment la conception des bâtiments peut-elle répondre aux problématiques à venir en termes de développement durable et de réchauffement climatique ? Au croisement de ces deux défis passionnants, l’intuition de l’agence SCAU est de parier sur l’innovation, l’ingéniosité.

 

Ces deux axes de recherche sont non seulement menés à travers les projets mais sont également développés à travers une exploration prospective résolument tournée vers les quinze, trente années à venir. Au sein de l’agence, un doctorant, Eric de Thoisy, effectue en partenariat avec l’université une thèse sur les problématiques des futurs lieux de l’apprentissage, et un ingénieur, Fabrice Socha, est chargé de développer la recherche prospective sur les sujets environnementaux.

 

 

LE NUMERIQUE COMME CULTURE : UN NOUVEAU REGARD SUR LE MONDE

 

Nous croyons que la révolution du numérique, si elle est scientifique et industrielle, est désormais avant tout une révolution culturelle, par la capacité que possède ce numérique à modifier notre manière de voir le monde : les outils et méthodes informatiques transforment la pensée, historiquement véhiculée par des pratiques lettrées. Des nouvelles modalités de structuration, de transmission et de fabrication du savoir se font jour ; les ambitieux travaux des « Humanités numériques », cherchant à renouveler l’ensemble des sciences humaines avec les méthodes tirées du numérique, témoignent ainsi des formidables enjeux pour la communauté

universitaire. Aussi, le numérique semble permettre des possibilités inédites et collectives d’invention, s’appuyant sur l’expérimentation et l’échange entre les Hommes, via les machines : ce sont là des modèles alternatifs de vivre-ensemble, de société, qui sont proposés et qui doivent nous inspirer ;

 

« La machine fait rêver, mais c’est l’Homme qui rêve » (Milad Doueihi).

 

Les lieux de l’apprentissage constituent, selon nous, le terrain de recherche le plus pertinent pour travailler ces questions : car, afin de saisir les impacts que pourraient avoir les usages du numérique dans la spatialisation des pratiques éducatives, il s’agit dans le même temps de penser cette révolution de manière critique et rationnelle : que change le numérique quant à la question du savoir ?

 

Et c’est donc bien dans un « lieu de savoir » (université, école, etc.), aux côtés des chercheurs, enseignants, et étudiants, que nous pourrons chercher des réponses.

 

 

LE NUMERIQUE COMME CULTURE POUR REPENSER, AUSSI, NOTRE RAPPORT A L’ENVIRONNEMENT

 

La culture numérique est une culture renouvelée du commentaire, de l’annotation, de la « plate-forme » ; pour une multitude d’enjeux, des « coopératives » sont à encourager : des lieux, à l’interface entre réel et virtuel, occupés par des communautés d’échange. Le développement durable est l’un des sujets pour lesquels l’expertise et l’expérience collectives peuvent être largement partagées, modifiées, améliorées par ces nouveaux moyens. Et le numérique, s’il est « déterritorialisé », a aussi la capacité curieuse de refabriquer des territoires, des échelles de pensée et d’action ; le bâtiment, le quartier, de

la ville, la région : à quelle échelle penser un modèle de production ? Et à quelle échelle le mettre en œuvre, ensuite ? Car la communauté d’échanges n’est pas que « cognitive », elle peut organiser une mise en commun de biens, d’outils, de lieux, etc.

Cet attachement au territoire est fondamental car nous croyons que les réponses architecturales aux défis environnementaux sont à trouver dans des approches résolument contextuelles et non universelles : dans quel lieu, dans quel accord de société, dans quelle culture, avec quelles ressources locales, dans quelle économie, etc. ? La conception des projets entre alors dans une logique responsable, inventive de simplicité et de pérennité avec un minimum de moyens.

 

Pour cela, il faut bien souvent aller au-delà de la demande, et « à côté » de la demande aussi : en évitant par exemple la démolition d’un bâti pour privilégier la piste de sa réhabilitation ; en évitant aussi le recours à des solutions environnementales apparemment vertueuses, trop souvent convoquées et de plus en plus rapidement obsolètes. Il s’agit plutôt d’aller chercher des solutions autres, plus ingénieuses, plus poétiques aussi : des solutions parfois « impensables » jusqu’à aujourd’hui, mais que les outils numériques d’expérimentation et de tâtonnement nous permettent aujourd’hui d’imaginer…

 

 

DES NOUVEAUX ESPACES D’APPRENTISSAGE REPENSES  A L’ERE DU NUMERIQUE

 

Au croisement des deux enjeux précédents – numérique et environnement – SCAU a choisi de faire des lieux d’apprentissage un terrain privilégié de recherche prospective.

 

Les lieux d’apprentissage ont à se repenser dans un contexte de mutations multiples, qui sont autant d’opportunités pour réinventer l’apprentissage lui-même : une tendance à la mondialisation de l’enseignement supérieur et de la recherche, se manifestant par une mobilité grandissante des étudiants, enseignants et chercheurs, et conduisant dans le même temps à une compétitivité de plus en plus importante entre les établissements ; une révolution du rapport au savoir portée par le numérique, et questionnant frontalement les « traditions » pédagogiques ; des défis environnementaux sans précédents, et pour lesquels il semble naturel qu’un lieu éducatif soit innovant, voire précurseur.

 

Dans ce contexte complexe, les évolutions des pratiques sont permanentes, et paraissent difficiles à anticiper : une information de plus en plus directement accessible par tous et à tout moment ; des cours en ligne de plus en plus interactifs ; le dispositif de la pédagogie inversée (on apprend le contenu sur le réseau numérique et on le valide en cours de travaux pratiques avec le professeur) ; le travail de plus en répandu sur informatique ultra-portable ; des pratiques faisant dialoguer « réel » et « virtuel » ; la demande de parcours de plus en plus personnalisés pour les étudiants (en formations  initiales ou continues) ; la concurrence pour attirer élèves et professeurs de qualité ; etc.

 

Alors, les configurations spatiales traditionnelles – salles de cours, amphithéâtres, laboratoires, bureaux, centres de ressources, etc. – sont souvent réinterrogées. Et penser d’autres configurations devient un défi porteur d’enjeux fondamentaux qui nécessitent de concevoir des  projets tournés vers l’avenir : les nouveaux lieux d’apprentissage, à travers leurs formations et leurs architectures, devront former des étudiants qui développeront leur liberté, leur autonomie de pensée, leurs capacités de création de manières individuelles et collectives.

 

Les espaces de travail, mais aussi les espaces de circulations et les lieux de vie doivent être conçus dans une optique globale d’ouverture, de créativité et de rencontres informelles : des lieux d’enseignement mais aussi des lieux de vie et de rencontre où l’on va réfléchir, créer des réseaux, partager des expériences… Imaginer le monde de demain !

 

Les pistes de réflexion pour des innovations sont nombreuses : frontières entre travail et détente ; place du collaboratif et de l’interdisciplinarité ; exploration de l’entre-deux, entre « virtuel » et « réel » ; etc. A titre d’exemple les salles de classe sont à repenser avec une remise en question de la « pédagogie du face à face » et une émergence de celle du « côte à côte » ; on voit déjà le recours à des orientations multiples des élèves dans la salle, avec écrans et projections dans les quatre directions. Un autre exemple est la conception des espaces d’accueil qui doivent être repensés avec la combinaison des informations physiques et numériques.

 

Enfin, nous croyons aussi que les questionnements pédagogiques seront enrichis par d’autres dimensions, à intégrer en amont de la conception des projets : il s’agit d’imaginer des lieux qui développent aussi chez l’étudiant la dimension humaine, le savoir être, le savoir échanger… des espaces capables de stimuler les capacités de création, d’innovation, de fabrication. Cela implique davantage de mobilité, ainsi que de nouveaux types d’espaces, aptes à prendre en charge diverses activités et à offrir une liberté en termes de positions et de « présences » (virtuelles ou non)…

 

 

 

DES ESPACES OUVERTS, ADAPTABLES ET EVOLUTIFS : DES ECOSYSTEMES

 

Pour inciter et favoriser les échanges formels et informels, pour s’ouvrir à de nouveaux modes de vie, de travail et d’apprentissage, pour accompagner la porosité des limites entre travail et détente, pour ménager sa place à l’indéterminé, etc. les nouveaux lieux doivent aller au-delà des programmes traditionnels, notamment en termes d’ouverture, de surfaces, d’adaptabilité et d’évolutivité. Accompagner l’évolution des comportements et des usages, c’est aussi parler de durable. L’attention portée à la structure et à son adaptabilité anticipe les futures réappropriations du bâti dans quinze, dans trente ans. Il s’agit pour SCAU d’une recherche qui concerne l’ensemble des projets d’architecture, et non pas seulement ceux éducatifs : l’agence élabore par exemple actuellement un nouveau modèle de stade qui évoluerait avec le temps pour devenir une vraie pièce urbaine dans la ville avec des usages multiples et non le lieu sous-occupé et coûteux que sont les stades actuellement.

 

Pour cela, SCAU recherche à travers ses derniers projets à créer les conditions d’une dynamique vivante qui s’inspire des écosystèmes. L’écosystème des récifs coralliens est un exemple particulièrement instructif.

 

A l’image du corail, les lieux peuvent être des êtres vivants dont l’exosquelette (l’architecture) doit permettre de vivre en symbiose avec de nombreux êtres dans une relation dynamique,  mouvante et créatrice. Cette dynamique a conféré aux coraux une résilience écologique bien particulière à travers les millénaires : l’être vivant le plus ancien de la planète n’a pas suivi les mutations génétiques mais s’est adapté à travers les millénaires en faisant évoluer son écosystème, ses échanges avec ses partenaires, son milieu.

 

Enfin entre technologie et nature, l’approche des projets doit dépasser les stricts enjeux bâtimentaires et créer « un état d’esprit », dans une démarche de responsabilité de chacun, environnementale  et sociétale. Il s’agit  de

« former de nouvelles générations qui s’engagent à travers le monde, dans de nouvelles façons de vivre, de penser, de travailler, de créer, de consommer, plus respectueuses et responsables ».

 

 

 

 

 

 

 

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